Les mines de la région Nord-Pas de Calais sont devenues le 38ème bien français inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, en tant que « paysage culturel évolutif et vivant ». Le bassin minier a donc rejoint la Grande barrière de corail, l'Acropole d'Athènes ainsi que les 960 autres sites considérés comme ayant une valeur exceptionnelle. Après sept ans de travail et le dépôt en 2010 de la candidature portée par l'association Bassin minier uni (BMU), le site minier est désormais inscrit sur la prestigieuse liste. Situé en plein coeur de la région Nord-Pas de Calais, s'étirant de la frontière belge à l'ouest de la ville de Béthune, il s'agit du premier site de ce type à être inscrit sur la liste de l'organisation. Comme le souligne l'Unesco sur son site internet, le bassin minier du Nord-Pas de Calais est un véritable témoignage « de la recherche d'un modèle de ville pour les travailleurs du milieu du XIXème siècle jusqu'aux années 1960 et illustre une période importante dans l'histoire de l'Europe industrielle ». Ce sont en effet trois siècles d'exploitation du charbon qui sont protégés à travers plus de 100 000 km de galeries, 4 000 hectares de paysage, 600 puits, 17 fosses, 21 chevalements, 51 terrils, diverses infrastructures de transport de la houille, 3 gares ferroviaires, des corons, des bureaux de compagnies minières. En outre, 87 communes, 38 écoles et groupes scolaires ainsi que 26 édifices religieux portent également les couleurs de ce riche héritage patrimonial, élevant ainsi au rang d'exceptionnelle et d'universelle la vie ordinaire de milliers de gueules noires qui ont, entre 1720 et 1990, extrait plus de deux milliards de tonnes de charbon jusqu'à 1000 mètres de profondeur. La ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti a salué la décision du comité du patrimoine mondial de l'inscription de ce paysage « tout à la fois culturel, industriel et social qui rend hommage au monde disparu de la mine ». L'inscription du site souligne en effet la reconnaissance d'une histoire humaine et d'une culture régionale singulière qui a dû faire face à une reconversion difficile après trois siècles d'exploitation du charbon.