On fête cette année le 350e anniversaire du Tartuffe, ou l'Hypocrite de Molière, le 12 mai 1664. Bien qu'il eût apprécié la pièce, Louis XIV dut alors l'interdire, face aux jansénistes. Cible de libelles d'une extrême violence, Molière reçut pourtant, dès juillet, l'approbation du légat du pape. Il fallut attendre le 5 février 1669 pour que Le Tartuffe, ou l'Imposteur fût enfin autorisé. Depuis lors, cette pièce de Molière n'a de fait jamais cessé d'être la plus jouée du répertoire classique. Né à Paris le 15 juin 1622, Jean-Baptiste Poquelin, qui devait succéder à son père, tapissier du roi, après des études au collège de Clermont, se lance à vingt ans, sous le nom de Molière, dans l'aventureuse carrière théâtrale. En juin 1643, il fonde l'"Illustre Théâtre", fait faillite deux ans plus tard et part pour une tournée de douze ans en Province. De retour, sa troupe joue devant le jeune Louis XIV au Petit-Bourbon (1658). L'administration royale mettra ensuite à sa disposition le Palais-Royal. En décembre 1659, Les Précieuses ridicules, farce au service d'une satire de la vie sociale, font un triomphe. Mais l'éclatant succès de L'École des femmes (1662) suscite la colère des dévots et la jalousie des Comédiens du roi. Quant à son Tartuffe (1664), croyant que Louis XIV lui accorderait malgré tout son patronage, la pièce, interdite par l'archevêché, ne sera joué qu'en 1669. C'est encore en biais la question religieuse qui inspire à Molière son Dom Juan (1665). Épuisé par les ennuis, malade, Molière écrit la plus humaine de ses pièces, Le Misanthrope (1666). Évitant désormais les sujets trop brûlants avec Les Fourberies de Scapin, il promeut le genre "comédie-ballet" dans Le Bourgeois gentilhomme (1670) et Le Malade imaginaire (1673).